L'homme aux mains farinées
Une vie passée
à regarder le feu.
Lorenzo a commencé à pétrir à seize ans dans la pizzeria de son oncle à Naples. Vingt-deux ans plus tard, après des passages à Milan, Lyon et Lausanne, il a posé ses outils à Châtelaine. "C'est un quartier qui ressemble à celui où j'ai grandi", dit-il. "Des gens qui passent tous les jours, qui savent ce qu'ils veulent."
Il arrive à neuf heures du matin pour préparer la pâte du surlendemain. Il rentre chez lui à minuit. Entre les deux, il sert, il parle, il rectifie une fournée, il goûte une nouvelle tomate. Il ne prend jamais de notes — il a appris autrement.
La pizza, ce n'est pas une recette. C'est une habitude. Tu la prends tôt, tu la gardes longtemps.
— Lorenzo, pizzaiolo